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L'histoire au banc des accusés


Par Rédigé le 14/02/2021 (dernière modification le 14/02/2021)

Vous n’attendiez certainement pas que cet éditorial vous parle ce matin de la Saint-Valentin, comme tous les médias, lesquels dégoulinent depuis une semaine d’amours sirupeuses…. Enfin pas tant que cela.


L'histoire au banc des accusés
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Le Parisien titre sur son site Internet, "Ils racontent leurs relations extra-conjugales par temps de Covid-19". Manifestement, chacun a sa façon particulière d’envisager l’amour, l’amour avec un grand A… Faire l’éloge de l’adultère en cette journée de Saint-Valentin, il fallait oser. Le Parisien l’a fait.
 
Quant à TV5 Monde, on peut aussi lire sur son site un article évoquant "les violences au sein du couple: la face cachée de la Saint-Valentin". Où on apprend que la "fête des amoureux" perçue comme une journée idéale pour exprimer ses sentiments peut être aussi un moment critique car chargé d’attentes et d’enjeux. On comprend qu’un homme qui offre une bonne bouteille, un dîner traiteur et de la lingerie sexy, s’attende à une conclusion que d’aucuns pensent encore évidente. Certaines femmes n’osent pas dire non, se sentent piégées et ne peuvent pas changer d’avis, restant bloquées, couvre-feu oblige, et dans l’impossibilité de se mettre en sécurité. Pas de Saint-Valentin réussie sans passer par le lit!
 
 Mais ce n’est toujours pas de la Saint-Valentin dont il devait être question dans cet éditorial.
Non, ce sont des sciences dont il s’agira encore aujourd’hui, d’histoire plus exactement.
 
Cette semaine, en Pologne deux historiens ont été condamnés à présenter des excuses pour des erreurs, des inexactitudes qu’ils auraient commises dans le cadre de travaux sur la Shoah. Ecrire l’histoire est un acte éminemment politique. Et parfois, le résultat des recherches ne plaît pas. Depuis la nuit des temps, réécrire l’histoire est un vieux réflexe politique réalisé tant sous des régimes démocratiques que dictatoriaux. Les sciences historiques sont comme toutes les sciences exactes ou non, interprétables.
 
Deux historiens disions-nous ont publié des recherches sur le massacre des populations juives pendant et après la Seconde Guerre mondiale en Pologne. Des noms sont cités sur la base du témoignage d’une rescapée. Une personne de la famille d’un nom cité porte plainte et voilà les deux historiens devant les tribunaux. Autant le dire tout de suite, derrière ce procès s’agitent ceux qui ne veulent pas admettre que la Pologne en général et leurs ancêtres en particulier, ont mal agi. On parle ici de la Ligue polonaise contre la diffamation qui voit une offense dans les travaux des historiens ou encore une fois, comment réécrire l’histoire pour en sortir la tête haute. Démarche regrettable lorsque l’on sait que c’est en Pologne qu’il y a eu le plus de "Justes parmi les nations", pays il est vrai où la communauté israélite était la plus importante. La Pologne n’est pas la seule à ne pas assumer son rôle et le comportement de ses concitoyens pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais en histoire comme ailleurs, rien n’est jamais noir ou blanc. En France, le général de Gaulle a tout fait pour imposer une mémoire d’un comportement résistantialiste occultant au maximum la collaboration avec l’occupant nazi. Façon comme une autre de repartir d’un bon pied.
 
Alors que l’histoire était au banc des accusés en Pologne, dans la même semaine, Eric Zemmour était relaxé suite à une plainte de Bernard-Henri Lévy. Il avait osé déclarer que le maréchal Pétain avait sauvé des juifs français. Sans entrer dans la polémique, il est évident que cette déclaration est fausse. C’est l’occasion de parler d’une autre polémique qui concerne les historiens, les vrais et les histrions de plateaux télévisés qui se prennent pour les premiers. Nul doute qu’Eric Zemmour, Lorant Deutsch, Franck Ferrand et d’autres sont des hommes cultivés et passionnés par la France et son histoire. Ils ont la surface médiatique que les historiens n’ont pas toujours. Aussi prennent-ils la parole, parfois à tort et à travers, pour raconter l’histoire en empruntant des raccourcis parfois risqués afin de tenter d’intéresser leurs auditeurs à l’histoire de notre pays. Et cela fonctionne. Alors oui, ils simplifient, oui ils embellissent, mais présenter l’histoire ainsi est souvent le premier pas qui conduira ensuite aux vrais livres d’histoire.
 
Le problème c’est que parfois, ils s’emballent et qu’ils disent des contre-vérités comme l’a fait Eric Zemmour. C’est très regrettable et cela alimente certains discours. Heureusement la justice fonctionne, pas toujours dans le bon sens, on l’a vu en Pologne et en France, mais les appels juridiques et les médias sont là pour continuer à les dénoncer et c’est rassurant.









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