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Noël au balcon ?


Par Rédigé le 22/11/2020 (dernière modification le 22/11/2020)

Il peut sembler acquis que la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 le fut parce qu’il était nouveau en politique et qu’il voulait bousculer les vieux partis accusés à tort et à raison de tous les maux de notre république.

Ou plutôt non, l’autre espoir se nomme Kamala Harris. Car si Joe Biden est vraiment fatigué, tous les médias parlent de ses «bourdes », de ses oublis alors celle qui va vraiment gouverner pourrait bien être Kamala Harris. Et là, cela devient vraiment intéressant. Une femme, et pas d’origine européenne, mais pas non plus descendante d’afro-américains. Une femme qui représente les migrants venus aux Etats-Unis: une mère indienne, un père jamaïcain; des parents étudiants brillants et surtout politisés. Une mère présentée comme un modèle qui a élevé ses filles afin qu’elles deviennent des femmes noires fières et fortes, à l’héritage indien. Après, après, il y a évidemment la politique. Alors, Kamala Harris insiste plus sur son côté jamaïcain qu’indien. Ensuite, elle n’a pas fait l’unanimité lors qu’elle était procureure générale de Californie. Se mettant tour à tour à dos les syndicats de police ou des militants attendant trop d’une procureure démocrate noire. Cela rappelle les critiques adressées à Obama, accusé de ne pas avoir fait assez pour la communauté afro-américaine.
Celle que Donald Trump qualifie de «méchante et horrible» perd les primaires face à Joe Biden mais gagne pour le ticket présidentiel. Joe Biden a eu incontestablement besoin d’elle pour gagner ces élections et en aura encore besoin pour convaincre qu’il ne va pas faire la politique américaine d’avant Donald Trump. Ce sur quoi avait perdu notamment Hilary Clinton il y a 4 ans.
Celui que Donald Trump appelle «Joe l’endormi» va devoir prouver qu’il ne l’est pas et retrousser ses manches pour lutter contre la pandémie de Covid 19 qui a fait plus de 250.000 morts aux Etats-Unis. En politique intérieure, on peut imaginer que les Américains attendent beaucoup. Espérons qu’ils ne seront pas déçus. Enfin et encore, pas pire que Donald Trump, car accompagné d’une épouse enseignante qui malgré la carrière politique de son mari ne s’est jamais arrêtée de travailler. Comme pour Obama, les messages envoyés sur l’image des femmes à travers leurs propres épouses ne peuvent qu’aider à l’amélioration de leur condition.
Quant à la politique étrangère, à l’arrêt avec l’Union européenne et les pays qui la composent, à cause d’un futur ex-président plus sensible aux sirènes des pouvoirs forts que de celles des pays plus démocratiques, on peut penser que les relations américano-européennes devraient reprendre leur cours normal. Fini le mépris trumpiste vis-à-vis de Macron, de Merkel et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Leur cours normal, c’est-à-dire sans injure mais sans réel intérêt, les menaces pour les Américains restant la Russie en matière de sécurité et la Chine en ce qui concerne la concurrence économique et commerciale. Toutefois, les Etats-Unis devraient revenir au sein des organisations internationales, comme pour l’accord de Paris sur le climat et soutenir l’effort mondial commun pour le rétablissement du rôle clé de l’Organisation mondiale de la santé pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
Une lutte dont la France n’arrive pas à se sortir d’un point de vue sanitaire et qui donne la nette impression qu’on profite de la situation pour faire passer des lois qui jouent sur la peur. Le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire a été adopté jusqu’au 16 février. Les Français et les Françaises continuent par conséquent à vivre sous un régime d’exception. Enfin, la commission des lois de l’Assemblée nationale poursuit l’examen d’une proposition relative à la «sécurité globale». L’article 24 voudrait interdire la diffusion publique d’images ou de vidéos de policiers ou de gendarmes en exercice. Remettre en question la loi de 1881 sur la liberté de la presse sent nettement la violation de la liberté d’expression, celle-là même pour laquelle certains meurent.


Noël au balcon ?
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Il est peu aussi de dire que ce mandat présidentiel fut chargé en crises. Entre celle des Gilets jaunes, les attentats terroristes islamistes et le Covid 19, pour ne citer que les principales. Toutes ne sont évidemment pas à placer au même niveau. La première étant sociale, résultat d’une accumulation ancienne qui a explosé face à des lois, décrets et autres réglementations coupés de la réalité des Français et des Françaises. La seconde est d’ordre national et international et trouve aussi ses racines dans le passé de la France, pas que républicaine. La dernière est multiple et tient tant de notre approche de la nature que nous avons mise à notre service, qu’au choix imposé par une élite d’un système économique basé sur le profit à tout prix, le capitalisme.

Que la situation actuelle soit compliquée pour le gouvernement nul en douterait. Mais nul ne plaindra ses membres puisque tous sont volontaires, voire plus pour certains. Quelques-uns en son sein sont néophytes, d’autres expérimentés, mais est-ce une raison pour expliquer autant de maladresses, pour ne pas dire d’erreurs? Mais en sont-ce vraiment?

Car l’impression donnée est la suivante: grâce à une crise sanitaire imprévue, du moins le croyons-nous, un pays est mis à l’arrêt. L’expression n’est pas innocente. Une première fois, pris par surprise, ledit pays ne réagit pas hostilement et se plie volontiers aux ordres donnés puisqu’il s’agit de préserver des vies.

Cette première expérience ayant été plutôt une réussite d’un point de vue civique mais pas sanitaire, il faut recommencer à l’automne. Mais là, les conséquences du premier confinement ayant eu le temps d’apparaitre, il semble beaucoup plus compliqué de l’imposer à une population qui ne se sent plus du tout protégée par ses dirigeants.

D’autant plus que le gouvernement refuse de reconnaître que ces confinements sont imposés par peur d’une implosion des services hospitaliers que ce même gouvernement et ses prédécesseurs ont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité. Il y a des mots qui ne pourront jamais rimer, ainsi santé ne peut rimer avec rentabilité, comme décence ne peut rimer avec finance.

D’autant plus que ce même gouvernement en profite pour faire voter des lois au relent discrétionnaire. Ainsi celle dite de "sécurité globale" qui empêche désormais de diffuser l’image d’un policier si elle a pour but "manifeste" d’attenter "à son intégrité physique ou psychique". La police comme la santé a vu ses effectifs se réduire et ses conditions de travail se détériorer parallèlement.

Indirectement, cette loi touche aussi à la liberté de manifester comme celle proposée par la ministre Frédérique  Vidal qui voudrait mettre fin aux mobilisations étudiantes ou plus exactement empêcher les «pressions et les menaces» qui ont déjà conduit à l’annulation de débats.

Pour cette dernière comme pour la précédente, il s’agit d’une question d’interprétation. La question est de savoir qui sera l’interprétateur?

Le chef de l’Etat et les membres de son gouvernement ont beau jeu d’expliquer leur motivation. Lorsqu’on écoute les cafouillages du ministre Darmanin, les journalistes sont en droit de s’inquiéter des motivations sous-jacentes que l’on fait plus que deviner.
Le président Macron va à nouveau prendre la parole sur la situation sanitaire et décider encore de notre vie quotidienne. Décider de qui pourra faire quoi alors que plus personne n’y croit.

Alors Noël au balcon? Il se peut que cette année ce ne soit pas pour des raisons météorologiques que les Français et les Françaises s’y tiendront. Ils s’y trouvaient volontairement au printemps dernier mais il sera difficile de les convaincre de s’y tenir pour Noël. Plus personne n’a envie d’applaudir personne, les mains trop occupées à nager afin de se maintenir la tête hors de l’eau. Mais aucune chance que les tisons de 2020 refroidissent vite, surtout un an avant les élections présidentielles.
 








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