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Un électrochoc qui fait pschitt


Par Rédigé le 26/11/2019 (dernière modification le 26/11/2019)

Commencé le 3 septembre dernier, le Grenelle contre les violences conjugales vient par l’intermédiaire du gouvernement, de rendre ses conclusions. Entre avancées, insatisfactions et frustrations.


Un électrochoc qui fait pschitt
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Pour la première fois, un gouvernement de la République se penche sérieusement sur ce problème des violences conjugales, antichambres des féminicides. Entendons-nous bien, le féminicide n’est pas l’opposé de l’homicide. Un homicide est un meurtre et peut concerner autant un homme qu’une femme. Non, un féminicide c’est l’assassinat d’une femme en tant que telle. Et parce qu’elle est le plus souvent considérée par son meurtrier comme sa chose, sa possession, sa propriété. En effet, ces féminicides sont le plus souvent perpétrés quand la femme, l’épouse, décide de quitter le foyer conjugal, lorsqu’elle prend la décision de ne plus supporter désormais les violences conjugales dont elle peut être victime. Violences qui peuvent encore une fois, se manifester sous différentes formes, physiques, psychologiques et sexuelles principalement.

Ces premières mesures, bien qu’indiquées dans les promesses de campagne de l’actuel président ont mis du temps à sortir des cartons. Et si ce n’était la pression de nombreuses associations et autres mouvements, il n’est pas sûr que cela eût réellement bougé tant le problème est vaste. On recense aujourd’hui 138 femmes, tombées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis janvier 2019, et 210.000 sont victimes de violences physiques ou sexuelles. Ces chiffres sont en augmentation par rapport à l’année dernière.

Lutter contre les féminicides c’est tout simplement vouloir changer la société et ses habitudes, au même titre que les questions écologiques et environnementales par exemple. Toutes ces questions sont liées, nous pourrions en citer d’autres, et leurs ambitions convergent. Nous savons tous qu’il s’agit d’un combat sans victoire car tel Sisyphe, nous sommes condamnés à recommencer notre ouvrage tous les jours, tant il sera difficile voire impossible de changer la nature de l’être humain.

D’où en effet, le nécessaire travail en profondeur pour que dès la petite enfance, les enfants, garçons et filles apprennent à respecter leur prochain, en le considérant comme un être à part, un individu en tant que tel. Vous vous direz, mais n’est-ce pas déjà le cas? N’enseigne-t-on pas déjà le respect de l’autre à l’école? A travers la religion quelle qu’elle soit, à travers la pratique d’activités sportives, etc…? Manifestement, on peut mieux faire, même si les consignes sont données à l’école depuis 2010 qu’en est-il de leur application concrète en classe?

Différentes associations ont dénoncé le comportement des médias, qui voient encore trop souvent dans les féminicides des crimes passionnels. Elles ont aussi mis le doigt sur les défaillances des forces de l’ordre et de la justice, trop souvent en décalage avec la réalité vécue par les victimes. Surtout, celles-ci baissent de moins en moins la tête et osent prendre la parole. Cette parole qui porte haut les défaillances d’un système où tout s’entremêle entre dépendance financière, handicap, protection des enfants, maltraitances institutionnelles, etc…

Les victimes doivent bien évidemment être prises en charge mais les agresseurs aussi. Une trentaine de mesures juridiques portées par un engagement financier de 360 millions d’euros qui ne convainc semble-t-il pas! En effet, sont dénoncées des annonces de décisions déjà existantes mais pas toujours mises en application, d’où peut-être l’ignorance des ministres concernés….

La bonne nouvelle c’est que désormais celles et ceux qui sont victimes de violences savent qu’on les entendra mieux, que la loi bouge dans le bon sens même si c’est évidemment encore trop lentement. Inversement, les bourreaux savent dorénavant que l’impunité pour eux c’est terminé. En Espagne, il a fallu 13 ans pour que la législation progresse, espérons qu’en France nous n’attendrons pas aussi longyemps.

Un électrochoc qui fait pschitt car pour en créer un il faut de l’électricité et cela a naturellement un coût!









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