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Média d'information international diffusé en podcast 🎙️
 

L’homme qui emballait les monuments n’est plus  01/06/2020

Le plasticien Christo est mort dimanche 31 mai à son domicile new-yorkais du quartier de SoHo. Il avait 84 ans. Il était célèbre notamment pour avoir emballé le Pont-neuf à Paris en 1985 et le Reichstag à Berlin en 1995.
Christo Vladimiroff Javacheff était né le 13 juin 1935 à Gabrovo en Bulgarie et avait étudié la peinture, la sculpture et l’architecture à l’école des Beaux-Arts de Sofia. Supportant mal le régime politique de son pays, en 1956 il part pour Vienne puis rejoint Paris où il vit de petits travaux et de la vente de portraits qu’il signe Javacheff. En 1958, il peint celui de la femme du général Jacques de Guillebon, directeur de l'École polytechnique. Il rencontre à cette occasion leur fille Jeanne-Claude Denat de Guillebon qui était née elle aussi le 13 juin 1935, mais à Casablanca et paraît-il à la même heure. Il l’épousera, elle sera sa muse et sa collaboratrice. Ils formeront le duo “Christo et Jeanne-Claude” dans lequel il était l’artiste, l’inventeur d'un genre artistique nouveau, "l'entoilage de l'espace". C’est lui qui dessinait les esquisses des futures réalisations et elle était l’organisatrice. Jeanne-Claude est morte le 18 novembre 2009 à New York.
Pour garder leur liberté, ils finançaient eux-mêmes la conception de leurs installations. Pour ce faire, ils utilisaient les revenus de la vente des études préparatoires de Christo. Ils n’aimaient pas que leurs oeuvres soient qualifiées d’éphémères, même si naturellement elles l’étaient.

Cette année, Christo devait emballer l'Arc de triomphe au mois d’avril, un projet datant de 1962. L’opération déjà reportée pour cause de pandémie avait été finalement prévue pour avoir lieu du 18 septembre au 3 octobre 2021. On ne sait pas encore si elle sera maintenue malgré la mort de l'artiste. Ses proches affirment que “Christo et Jeanne-Claude ont toujours été très clairs sur le fait que leurs œuvres en cours devraient continuer après leur mort".
Par ailleurs, le Centre Pompidou de Paris devait proposer en mars l’exposition "Christo et Jeanne-Claude, Paris! , une présentation de leur période parisienne entre 1958 et 1964 et notamment de ce projet emblématique The Pont-Neuf Wrapped [Le Pont-Neuf empaqueté. Elle se tiendra du 1er juillet au 19 octobre prochains. Pour Serge Lasvignes président du Centre Pompidou "Christo était un grand artiste, capable de donner à notre quotidien une profondeur nouvelle. Un Enchanteur. C'était aussi une magnifique personne alliant audace, détermination et une profonde humanité",
Et il ajoute “Puisse l’exposition que nous ouvrirons le 1er juillet rendre hommage à cette œuvre exceptionnelle, à la croisée de toutes les disciplines et si essentielle à l’histoire de l’art de notre temps”.  

Encore une grande voix qui s'est tue  01/06/2020

Décidément, les temps sont bien cruels pour les vieux artistes, acteur, chanteur, humoriste, aucun n’est épargné. A peine finit-on de prononcer le panégyrique à la mort de l’un d’entre eux que l’on apprend le décès d’un autre. C’est ainsi que nous parvient la nouvelle de la mort de Mady Mesplé à 89 ans, samedi 30 mai, tout près de ce haut lieu de l’art lyrique qu’est le Capitole à Toulouse. "Une grande dame vient de nous quitter", a déclaré le ministre de la Culture Franck Riester dont l’imagination pour trouver des formules percutantes en ces tristes circonstances est fort sollicitée ces derniers temps!

Magdeleine Mesplé était née le 7 mars 1931 dans une famille de mélomanes, ses parents s’étaient rencontrés dans une chorale, Elle commence très jeune des études de piano et solfège au conservatoire de sa ville natale. Elle voulait devenir pianiste mais le hasard en a décidé autrement au Théâtre du Capitole, où l’on remarque ses qualités vocales. "Le chemin était tout tracé. Je n'ai pas l'impression d'avoir choisi. J'avais une voix juste, et ça c'est un don. Qu'est-ce qu'on peut faire contre cela ou pour cela" confiera-t-elle beaucoup plus tard.
Elle étudiera donc le chant et obtiendra un premier prix. Mady Mesplé a commencé sa carrière à l’Opéra royal de Liège à la Monnaie de Bruxelles, à l'Opéra de Lyon où on la remarque dans Les contes d'Hoffmann, d’Offenbach avant qu’elle n’aborde l’oeuvre à Paris, en décembre 1975, dans une mise en scène de Patrice Chéreau, ses aigus soprano colorature avaient conquis le public dans le rôle d’Olympia. Il y eut aussi entre autres Lakmé ou Zerbinetta dans Ariane à Naxos de Richard Strauss aussi bien que Rosine du Barbier de Séville de Rossini, Lucia di Lammermoor de Donizetti ou Gilda dans Rigoletto de Verdi. Elle a triomphé dans l’opéra, et l’opérette sur toutes les plus grandes scènes sous la direction des plus illustres chefs. Elle a aussi abordé la musique contemporaine, Betsy Jolas ou Nans Werner Henze. Mais aussi des musiques spécialement conçues pour elle. Le compositeur Charles Chaynes, Toulousain comme elle, lui dédiera ses "Quatre poèmes de Sappho pour soprano et trio à cordes" qu’elle créera le le 26 novembre 1968 au Capitole.
Atteinte de la maladie de Parkinson, elle a fait ses adieux à la scène en 2001. Elle confessera dans "La Voix du corps" qu’elle a publié aux aux éditions Michel Lafon en 2010 "Chanter face au public m’aidait à oublier que j’étais malade car son enthousiasme me galvanisait. Maintenant, je n’ai même pas envie de chanter pour moi. Ma voix s’est tue". Depuis 1996, elle était marraine de l’association France Parkinson. Elle était aussi ambassadrice d’Aquarelle, entreprise d’aide à la personne pour les seniors.
Elle était revenue vivre à Toulouse et fréquentait assidument le Capitole. Le directeur artistique Christophe Ghristi se souvient "C'était une boulimique de musique. Elle venait à tous les spectacles au Théâtre du Capitole, avec une soif d'entendre de la musique. Il lui en fallait toujours plus".
Elle laisse une très importante discographie. Pour célébrer son 80e anniversaire, EMI avait publié un coffret de quatre-vingts CD où revit toute l'étendue de son vaste répertoire..
Elle qui avait toujours beaucoup travaillé, lorsqu'elle a enseigné au conservatoire s'est étonnée qu'on n'y enseigne "qu'une heure et quart de solfège par jour alors qu'on en avait six à mon époque".
Christine Albanel, ministre de la Culture l’avait élevée en 2009 à la dignité de grand officier dans l'Ordre national du mérite. Elle obtiendra la grand-croix des mains de Nicolas Sarkozy à Toulouse, au salon rouge du Capitole en 2019.

Un cri qui interpelle  29/05/2020

Tout le monde connaît l’oeuvre cé!èbre d’Edward Munch conservée au Musée d’Oslo dédié au peintre. Et ce n’est un secret pour personne maintenant, "Le Cri" est en train de s ‘altérer, la couleur en particulier se détériore, le jaune du coucher de soleil et d’une partie du personnage. Afin de sauver le chef-d'œuvre de l’artiste norvégien, une équipe de scientifiques européens, américains et brésiliens se sont intéressés à cette question. Ils ont concentré leurs efforts sur l'une des cinq versions du "Cri". Trois peintures, un pastel et une lithographie réalisées entre 1893 et 1917. Ce qu’ils ont découvert est surprenant. Si la couleur jaune perd toujours plus de son intensité, c’est la faute de l'artiste lui-même. Munch aurait utilisé un tube de jaune de cadmium de mauvaise qualité. Le professeur Koen Janssens de l'université d'Anvers révèle "La peinture jaune était riche en composés chlorés et cela précisément aux endroits où la peinture est endommagée. Je ne pense pas que c'était une utilisation intentionnelle. Nous sommes en 1910 et à ce moment-là, l'industrie produisant les pigments chimiques n'était pas aussi performante qu'aujourd'hui".

Une autre découverte a encore surpris le groupe d'experts qui avait d’abord soupçonné la lumière de détériorer l'œuvre. Et Koen Janssens de préciser "Il s'est avéré que la lumière n'est pas vraiment très nocive pour le tableau". La couleur s'estompe et s'écaille plus rapidement avec l’humidité, même en faible quantité, comme celle contenue dans l'air expiré par les visiteurs par exemple.
La solution est donc à rechercher du côté de l'humidité qu'il faut à tout prix réduire pour la préservation de l'œuvre. Le musée Munch d'Oslo doit déménager dans les prochains mois pour un endroit qui lui assurera de meilleures conditions de conservation. Le tableau sera alors installé dans un espace éclairé normalement mais avec un niveau d'humidité de 45%, ce qui devrait ralentir la détérioration de l'œuvre.

Koen Janssens préconise qu’"Il faudra éloigner le public de la peinture, de façon à ce qu'il puisse la contempler sans rejeter de l'air directement sur sa surface". Ce qui à une époque où l’on pratique la distanciation sociale et les gestes barrières ne devrait pas être difficile à pratiquer…

Il y a encore une vie après 50 ans  22/05/2020

Même chez les pachydermes. C’est ainsi que Mara, entre 50 et 54 ans, a été transférée d’Argentine vers un sanctuaire pour éléphants situé au Brésil. Elle y est arrivée au terme d’un voyage de cinq jours, plus de 2.000 km et qui pis est en pleine pandémie. Aussi un protocole spécifique avait-il été élaboré pour protéger l’animal et les équipes techniques assurant son transport prévu depuis janvier dernier. Lors d’une opération de près de trois heures à l’Ecoparc, situé dans le quartier résidentiel de Palermo à Buenos Aires, Mara avait été installée dans une immense caisse en bois construite spécialement. L’éléphante pèse 5,5 tonnes, pour une longueur de 5 mètres, une largeur de 2 mètres et une hauteur de 3 mètres. La caisse a été montée sur un camion à l’aide d’une grue. Une autre grue l’a déchargée au Brésil, Il a fallu également prévoir la nourriture, l’éléphante mange chaque jour plus de 100 kilos de légumes, fourrage et canne à sucre.
La quinquagénaire qui est née en Inde, est donc installée dans son sanctuaire au Brésil, elle va y terminer sa vie au milieu espaces verts. Un représentant du sanctuaire a indiqué sur Facebook "Mara est arrivée chez elle! Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés à assurer ce transport international en pleine pandémie de coronavirus". Ce sanctuaire pour éléphants est situé à Chapada dos Guimarães, dans l’État de Mato Grosso au centre-ouest du Brésil, près d’un parc national.
C'est un espace de 1.200 hectares avec des prés, des sources et de nombreux arbres. Mara qui a passé la première partie de son existence dans un cirque, puis à partir de 1995 au jardin zoologique de Buenos Aires qui a été transformé depuis en Ecoparc ou plus exactement en Centre de conservation, de recherche et d’éducation pour la préservation de la biodiversité et des habitats naturels. Dans le sanctuaire de Chapada do Guimaraes, Mara sera en compagnie de trois autres éléphantes asiatiques, Maia, Lady et Rana.

Découverte au Mur des Lamentations  22/05/2020

Des archéologues israéliens ont dévoilé mardi 19 mai à quelques dizaines de mètres du Mur des Lamentations l’existence de mystérieuses pièces souterraines. Elles sont taillées dans la roche et datées de l'époque romaine. Il s’agit de trois pièces successives qui ont été découvertes lors de l'excavation d'une large structure vieille de 1.400 ans, ornée d'arches et tapissée de mosaïque.
Selon Barak Monnickendam-Givon, co-directeur chargé des fouilles à l'Autorité israélienne des Antiquités. "Au début, nous étions très déçus parce qu'en dessous de la mosaïque au sol, nous sommes tombés sur le substrat rocheux et pensions que l'activité humaine s'était arrêtée là". Et il ajoute "nous avons découvert trois pièces, toutes trois taillées dans la roche". Il précise aussi qu’elles sont réunies par des escaliers, Il indique également que ce genre de structures étaient rares dans les villes juives de l'époque, elles sont agrémentées de nombreuses sculptures somptueuses, dont certaines étaient certainement utilisées pour poser des lampes à huile.
Tehila Saldiel, co-directrice des fouilles a trouvé des artefacts ainsi que des récipients, des lampes à huile ou bien encore des bocaux. Ces salles pourraient être le garde-manger d'un bâtiment aujourd'hui disparu ou un espace de stockage et de préparation des repas pour les prêtres de la Ville sainte ou les pèlerins visitant le Temple. Barak Monnickendam-Givon précise "Nous découvrons ici des récipients utilisés pour cuisiner des repas, des lampes à huile, des bocaux utilisés pour conserver le blé, l'orge ou l'huile d'olive".
Ces trois pièces ne semblent pas avoir de "lien direct" avec le second Temple juif, détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ et dont le Mur des Lamentations est le seul vestige d'un mur de soutènement. Au-dessus du Mur, s'étend le Mont du Temple, site le plus sacré du judaïsme. Il est appelé Noble sanctuaire par les musulmans,
Les fouilles font partie d'un projet de création d'un espace d'exposition souterrain présentant des objets de différentes époques trouvés dans ce secteur. Barak Monnickendam-Givon précise "Nous allons fouiller tout ce qui se trouve en dessous de l'esplanade du Mur des Lamentations. L’idée est d'avoir une séparation entre les activités cultuelles, là où les gens prient, et (sous-terre), les touristes pourront déambuler entre des trouvailles archéologiques".
 

Une enquête d’un genre particulier  22/05/2020

Un groupe d’historiens amateurs la mène depuis 14 ans. Ils se sont livrés effectivement à une véritable enquête policière pour identifier 5 des 15 résistants qui avaient été fusillés dans le bois de la Reulle près de Toulouse le 27 juin 1944. Les quinze cadavres avaient été exhumés après la Libération de Toulouse  en présence de la population, dix corps ont été immédiatement reconnus par les familles ou les proches. Cinq n’ont pu être identifiés. En 1990, la municipalité de Castelmaurou, voisine de Toulouse, les réunit dans un caveau dédié dans le cimetière communal.
Depuis 2006 donc, ce groupe d’historiens amateurs tente d’identifier ces cinq fusillés du bois de la Reulle.
Le 27 juin 1944, des SS de la division Das Reich extraient 16 résistants de la prison Saint-Michel à Toulouse, inscrite monument historique par arrêté du 25 février 2011. Elle a hébergé entre autres en juillet 1940 Herschel Grynszpan, assassin du diplomate Ernst vom Rath le 7 novembre 1938 à Paris. Ainsi que le Colonel Berger, autrement dit André Malraux, alors chef des maquis du Lot, qui y séjourna en été 1944.

Les 16 résistants sont conduits au bois de la Reulle à Castelmaurou, à 12 km au nord-est de Toulouse. L’un d’entre eux parvient à s’enfuir. Sur place, les autres creusent chacun une tombe. En 2006, Georges Muratet, habitant de Castelmaurou et passionné d’histoire, décide de savoir qui étaient les cinq fusillés du bois de Reulle non identifiés. Au fil des jours, un groupe se forme, une vingtaine d’amateurs d’histoire venus d’Occitanie, de Belgique, d’Allemagne et même des Etats-Unis. 
Ils ont été aidés par le Tribunal de grande instance de Toulouse et l’Institut médico-légal de Strasbourg et obtiennent les autorisations nécessaires pour prélever des échantillons d’ADN sur les corps enterrés au cimetière de Castelmaurou. Après de nombreuses recherches de tous ordres, tout fonctionne et ils parviennent à contacter de possibles familles. En 2017, le "Groupe de recherche Castelmaurou-Gragnague" prévient qu’il a identifié 4 fusillés sur les 5. Au même moment il fait paraître un livre "La Mémoire en bandoulière". Dans cet ouvrage sont évoquées l’histoire des fusillés et les recherches pour les identifier. Georges Muratet et son groupe ne vont pas s’arrêter là, il leur faut absolument identifier le dernier fusillé. Ils ont aussi décidé de réactualiser leur livre devenu "Les fusillés du bois de la Reulle". Ils n'ont qu'un objectif: entretenir la mémoire avec l’aide des lecteurs. 
Du dernier des fusillés non encore identifié ils ne disposent que de quelques faibles indices découverts sur lui, mais le groupe de Georges Muratet n'abandonne pas l’espoir de savoir qui il était.

Des peintures murales de Picasso en danger à Oslo  21/05/2020

En 1969, Picasso et l'artiste norvégien Carl Nesjar réalisèrent cinq peintures sur les murs intérieurs et extérieurs des Y-Block et H-Block, deux édifices de Regjeringskvartalet, le quartier administratif, oeuvre de l'architecte norvégien Erling Viksjø. Carl Nesjar les a gravées dans le béton au jet de sable. En juin 2011, ces bâtiments avec les peintures murales allaient être retenus comme monuments historiques. Mais un mois plus tard, avait lieu l’attentat d Anders Breivik qui les endommagea. Le gouvernement ordonna leur démolition en 2014. Les deux peintures murales du Y-Block étaient censées être sauvegardées, on verrait plus tard pour les trois peintures du H-Block qui étaient fort abîmées. De nombreuses voix se sont élevées contre cette démolition.et plaident pour la préservation de l'ensemble du complexe. «Les peintures murales ont été créées in situ et doivent être comprises comme un tout: les bâtiments, l’art et l'espace extérieur sont un ensemble indissociable», déclare Gunhild Varvin, responsable de la communication du musée d’art moderne et contemporain Henie Onstad Kunstsenter, à Bærum, dans la banlieue d’Oslo. Lequel accueille d’ailleurs actuellement une exposition d'estampes de Picasso. Et Gunhild Varvin de poursuivre «Enlever les œuvres pour les intégrer à une nouvelle unité architecturale dévaluera sans aucun doute ce travail artistique».
Cette controverse a arrêté temporairement la réalisation du projet mais en février dernier, le gouvernement a annoncé qu'il allait malgré tout entreprendre la démolition parallèlement à la sauvegarde du H-Block. Mais des personnes du monde artistique et d'autres du public, continuent à demander la préservation des peintures murales dans leur contexte d'origine. Une enseignante d’art n’hésite pas à dire «Le fait que l'État norvégien termine ce que le terroriste a commencé constitue une ironie particulièrement cruelle».
Les deux fresques du Y-block «Les Pêcheurs» et «La Mouette» vont être découpées et intégrées dans de nouveaux bâtiments gouvernementaux qui se dresseront bientôt dans ce quartier du centre d'Oslo. Le démontage des "Pêcheurs" à l'extérieur, a commencé il y a deux semaines et Gro Nesjar Greve, la fille de Carl Nesjar s'inquiète «Les ouvriers du site ont commencé à forer, mais c'est inquiétant car lorsqu'ils déplaceront la peinture murale, elle se fissurera».
Dans une lettre envoyée à la Première ministre norvégienne Erna Solberg et au ministre de l'Environnement, Sveinung Rotevatn, des représentants du MoMA ont demandé de «reconsidérer l'autorisation du permis de démolir». Récemment, une pétition réclamant la préservation du Y-block d'Oslo a recueilli plus de 48.000 signatures. Et des manifestations ont lieu périodiquement dans les rues d'Oslo,pour demander la conservation de ce bâtiment.

Nouveau ministre d’Etat à Monaco  20/05/2020

S.A.S. Albert II vient de désigner Pierre Dartout actuel préfet de la région PACA et des Bouches-du-Rhône, pour succéder à Serge Telle en tant que ministre d’Etat. Il prendra ses fonctions le 1er novembre prochain, l’Elysée ayant souhaité qu’il reste à son poste pendant la période du déconfinement; Depuis un moment, le Rocher bruissait de rumeurs quant au successeur de Serge Telle qui était en fonction depuis le 1er février 2016 et le restera jusqu’au 31 août prochain. Les prétendants étaient nombreux dont l’actuel représentant de la France auprès de l'OCDE, Jean-Pierre Jouyet.
Le ministre d’Etat est choisi par le Prince sur une liste présentée par la France et il le représente. Et Il est la première autorité après celle du Prince. Il est l'équivalent du Premier ministre et préside le Conseil de Gouvernement. Lequel comprend cinq conseillers, chacun à la tête d’un département, Intérieur, Économie, Affaires sociales et Santé, Équipement, Environnement et Urbanisme, Relations extérieures et de la Coopération.
Le poste de ministre d'État fut créé par la première Constitution de Monaco du 5 janvier 1911, il était obligatoirement français; Depuis le traité d'amitié et de coopération du 24 octobre 2002 entré en vigueur le 1er décembre 2005, le ministre d’État peut être aussi bien français que monégasque, choisi par le Prince en accord avec le gouvernement français.
Pierre Dartout est né 9 avril 1954 à Limoges, il est diplômé de l'IEP de Paris et ancien élève de l'ENA, dans la célèbre promotion Voltaire. Il a occupé de nombreux postes de préfet dans plusieurs régions, puis il a été directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et délégué interministériel à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires. Il est préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis le 17 décembre 2017.

 

Centenaire d’un festival  18/05/2020

Le Festival de Salzbourg 2020 est maintenu, il se tiendra du 18 juillet au 30 août prochains. Il célèbre cette année son centenaire, il faut donc s’attendre à d’exceptionnelles festivités. 222 représentations durant 44 jours dans 15 endroits différents. On y verra Don Giovanni et La flûte enchantée de Mozart, Elektra de Richard Strauss et Boris Godunow de Mussorgski ainsi que deux reprises,Tosca de Puccini et Don Pasquale de Donizetti. 91 concerts sont aussi prévus, évidemment l’accent sera principalement mis sur Ludwig van Beethoven dont on célèbre cette année le 250e anniversaire de la naissance, le 16 décembre 1770 à Bonn. Evidemment, on retrouvera Jedermann la pièce de théâtre de Hugo von Hofmannsthal qui avait été donnée le 22 août 1920 lors de la première du Festival de Salzbourg. Ce qui donnera lieu à une journée spéciale avec lecture publique et représentation.

Le Festival de Salzbourg a été créé en 1920 par le metteur en scène Max Reinhardt, l’écrivain Hugo von Hofmannsthal et le compositeur Richard Strauss dans cette ville autrichienne des bords de la Salzbach. Après la Première Guerre, dans l’Autriche amoindrie et appauvrie on souhaitait maintenir un emploi d’été pour les musiciens et cette ville chargée d’histoire où abondaient églises, palais et musées convenait parfaitement. Le Mozarteum, prestigieux établissement où viennent terminer leur formation les meilleurs musiciens du monde offrait un lieu pour l’organisation de concerts. En outre, Salzbourg a vu naître Wolfgang Amadeus Mozart et Herbert von Karajan entre autres, Stefan Zweig y a vécu plusieurs années. Le festival se déroule chaque été et tous les événements ont lieu dans le "quartier du Festival" où se trouvent le Grand Palais des festivals, la Maison de Mozart et le Manège des rochers. C’est l'un des festivals les plus célèbres et des plus coûteux sans doute d’ailleurs du monde, pour ce qui est des concerts de et des opéras. Il attire chaque été des dizaines de milliers de spectateurs. "Toute la ville devient scène" souhaitaient ses créateurs.

Le premier festival a débuté le 22 août 1920 par une représentation du Jedermann d'Hofmannsthal sur la place de la Cathédrale. Depuis, le festival commence traditionnellement par une représentation de cette pièce sur cette même place. On y donne les premiers concerts en 1921 et les premiers opéras, Mozart surtout, en 1922. Mozart y est omniprésent. S’y produisent les grands chefs d’orchestre et les chanteurs les plus renommés. Les années de l’immédiat avant-guerre sont assez difficiles, ce n’est guère mieux dans les années qui suivent, même après la guerre et il a fallu attendre le début des années 1950 pour que le festival retrouve son lustre. Exactement en 1954 quand commencera l’ère Karajan, il sera chef d’orchestre mais aussi metteur en scène. D’autres directeurs se succéderont, ils moderniseront les programmes, introduiront des oeuvres contemporaines, des créations, souhaiteront attirer un nouveau public, rajeuni ou moins conservateur, s’attirant parfois l’hostilité de ce même public. Malgré cela le festival conserve son prestige dans le monde et les billets s’arrachent quelqu’en soit le prix.

En 2006, pour le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, le festival a mené l'opération "Mozart 22", avec la représentation des vingt-deux opéras du génial compositeur natif de Salzbourg.
En 1967, Karajan a créé le Festival de Pâques et en 1973 les Concerts de Pentecôte qui deviendront le Festival de Pentecôte en 1998.

Gabriel Bacquier nous a quittés  15/05/2020

Le baryton-base était l’un des plus appréciés. il s’était produit sur les scènes lyriques les plus prestigieuses, Royal Opera House de Londres, Opéra de Vienne ou Metropolitan Opera de New York entre autres. Il avait eu pour partenaires des cantatrices mythiques, Maria Callas, Renata Tebaldi, Birgit Nilsson ou Régine Crespin. Il fut un grand interprète de Mozart et Verdi notamment, il avait à son répertoire l’opéra mais aussi l’opérette ou la mélodie, il créa des oeuvres contemporaines. Il aurait eu 96 ans dimanche 17 mai. Il est mort mercredi 13 mai chez lui à Lestre dans la Manche où il résidait avec son épouse la mezzo-soprano Sylvie Oussenko qui lui a consacré un essai biographique "Gabriel Bacquier, le génie de l'Interprétation" et avec qui il avait consacré un ouvrage à Verdi.
Le Théâtre du Capitole de Toulouse où il a beaucoup chanté entre 1960 et 1990 a regretté "la disparition d'un immense baryton" et Christophe Ghristi, directeur artistique de l’établissement a déclaré  «C’était un personnage haut en couleur. Une personnalité du sud qui avait une présence animale sur scène. Il était l'un des rares chanteurs français de cette époque à avoir eu une telle carrière internationale". 
Gabriel Bacquier était né à Béziers le 17 mai 1924 il prend goût très jeune pour le chant lyrique et l’opéra mais passionné de dessin, c’est vers l’école des Beaux-arts de Montpellier qu’il se tourne d’abord. Pendant la guerre, il rentre à la SNCF pour échapper au Service du travail obligatoire et durant ses heures de liberté prend des cours de chant à Béziers où il fera ses débuts dans le rôle d’Ourrias de Mireille de Gounod. En 1945, il intègre le Conservatoire de Paris, d’où il sort cinq ans plus tard avec un premier prix. On le retrouve à l'Opéra de Nice puis en 1953 dans la troupe de La Monnaie à Bruxelles et en 1956 dans celle de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux, l’Opéra-Comique et l’Opéra de Paris.
Sa carrière internationale débute vraiment en 1960 quand Gabriel Dussurget, directeur du festival d’Aix-en-Provence dont il a été le fondateur quelques années plus tôt, lui confie le rôle de Scarpia dans Tosca puis et surtout celui de Don Giovanni en 1960. A partir de ce moment il est sur les plus grandes scènes avec les plus grands compositeurs français et italiens, il regrettera cependant de ne pas avoir abordé le répertoire germanique. Il laisse d’innombrables enregistrements.
Gabriel Bacquier aimait rappeler ce que Francis Poulenc lui avait déclaré “Il m’a dit: je vous ai entendu, ça n’était pas bien, mais tout simplement admirable”.

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