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Maurzio Serra est devenu Immortel  12/01/2020

Jeudi 9 janvier, il a été élu à l'Académie française au premier tour, devenant ainsi le 734e membre élu et succédant à Simone Veil disparue le 30 juin 2017. Au fauteuil 13, celui qu ‘occupèrent entre autres Racine, Loti ou Claudel. Pour 24 votants, Maurizio Serra a recueilli 17 bulletins, son concurrent Eduardo Pisani dont c’était la 10e tentative, en a obtenu un seul. Il y a eu également 2 bulletins blancs et 4 blancs marqués d’une croix.

Maurizio Serra est né à Londres en 1955, diplomate de carrière, il a représenté son pays l'Italie dans différentes capitales européennes dont Berlin et Moscou au temps de l'URSS, puis auprès de l'UNESCO. Avec cette élection, l'Académie française compte donc 36 membres, 5 femmes et 31 hommes, quatre fauteuils restent vacants, ceux de Jean d'Ormesson, Michel Serres, Max Gallo et François Weyergans. La vieille dame du Quai Conti accueille sous la Coupole les étrangers dont les écrits illustrent la langue française. C’est le cas pour Maurizio Serra, il écrit d’ailleurs aussi bien en italien qu’en français.

Ses ouvrages se situent aux confins de l’histoire et de la littérature mais le 8 avril prochain, Maurizio Serra publiera son premier roman, "Amours diplomatiques", chez Grasset. Citons notamment "Malaparte, vies et légendes" qui lui valut le prix Goncourt de la biographie et le prix Casanova en 2011; "Les Frères séparés. Drieu La Rochelle, Aragon, Malraux face à l'histoire" en 2008 lui permit d’obtenir le prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises décerné par l’Académie française en 2008; pour "D’Annunzio le magnifique" paru en 2018, il reçut le Prix du livre incorrect. Cette même année le prix Chateaubriand 2018 qui couronne une œuvre de recherche historique ou d'histoire littéraire lui fut attribué. En 2018 encore, le prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco récompensa l'ensemble de son oeuvre.

Chère Famille  10/01/2020

C’est sous ce titre qu’est annoncé pour dimanche 12 janvier à 18h à l’Auditorium Rainier III, le concert donné par l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo sous la direction du grand chef israélien Eliahu Inbal. Au programme, les Wesendonck Lieder de Richard Wagner interprétés par le célèbre contralto canadien Marie-Nicole Lemieux et la Sinfonia Domestica de Richard Strauss.
Les Wesendonck-Lieder sont un cycle de cinq lieder composés en 1857-1858 par Richard Wagner sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, épouse de l’homme d’affaires allemand Otto Wesendonck retiré à Zurich et qui sera un des mécènes de Wagner. Il avait accueilli le génial compositeur après que ce dernier eut quitté la Saxe où il était devenu indésirable. Mathilde dont il était épris et qui sera sa muse inspira l’oeuvre, Engel, L’Ange; Stehe still!, Arrête-toi!; Im Treibhaus, Dans la serre; Schmerzen, Douleurs et Träume, Rêves. Le thème de Treibhaus et Träumea été développé dans l'opéra "Tristan und Isolde". La création publique eut lieu le 30 juillet 1862 sous le titre "Cinq lieder pour voix de femme".

La Sinfonia Domestica Op.53, en cinq parties, de Richard Strauss a été composée en 1902. Et a été dédiée à son fils Franz et à sa femme, la cantatrice Pauline De Ahna qu'il avait épousée le 10 septembre 1894 et dont on évoque toujours le mauvais caractère. Il annonçait "Mon prochain poème symphonique présentera une journée de ma famille. Il sera à la fois lyrique et humoristique. Une triple fugue racontera papa, maman et bébé. Qu’y a-t-il de plus sérieux que la vie conjugale ? Je veux que la symphonie soit prise au sérieux".
La première eut lieu le 21 mars 1904 au Carnegie Hall avec le Wetzler Symphony Orchestra de New York dirigé par le compositeur. Il dirigea également la première européenne à Francfort 1er juin 1904.
Gustav Mahler dirigea la première viennoise de la Sinfonia domestica le 23 novembre 1904.
Et comme d'habitude, avant le concert, André Peyrègne, ancien directeur du Conservatoire à rayonnement régional de Nice présentera les deux oeuvres.

Concert du dimanche 12 janvier 2020 "Chère Famille"
Auditorium Rainier III
28 Boulevard Louis III
98000 Monaco
www.opmc.mc
Tél.+377 98 06 28 28B

Le jardinier retrouve un tableau de Klimt  19/12/2019

Mardi 10 décembre, on aurait retrouvé "Bildnis einer Frau" ou "Portrait d'une dame", tableau de 55cm sur 65, peint par l’artiste en 1916-1917, quelques mois avant sa mort le 6 février 1918. L’oeuvre avait été volée en février 1997 à la galerie d'art moderne Ricci Oddi de Piacenza, en Émilie-Romagne. Elle aurait été découverte dans le mur de cette même galerie. Au cours de travaux de nettoyage et de restructuration du mur extérieur, un jardinier est tombé sur une cavité dissimulée aux regards par du lierre. A l'intérieur, un sac poubelle noir contenait le fameux tableau. "Je croyais que c'était une blague", explique Dario Gallinari, un membre du personnel du musée. La presse italienne indique qu’il s'agit de la deuxième œuvre la plus recherchée au monde après La Nativité avec Saint-François et Saint-Laurent, du Caravage. "Portrait d'une dame" avait été acquis par la Galleria Ricci-Oddi de Piacenza en 1925 et elle est estimée à 60 millions d'euros peut-être même plus. Une première expertise révèle que ce tableau serait bien celui volé, d'autres analyses sont en cours pour certifier l'authenticité du tableau. Au dos, on peut voir les timbres des expositions où l'œuvre avait été présentée précédemment. Pour le directeur de la galerie, Massimo Ferrari,il n’y a aucun doute, il s'agit bien du tableau en question. On peut supposer que les voleurs auraient déposé le "Portrait d'une dame" à l'intérieur de cette cavité pour le récupérer plus tard. Ils y auraient renoncé tant l'affaire du vol avait fait grand bruit. Le tableau aurait disparu lors d'un transfert pour une exposition dédiée à Klimt au Palais municipal de Piacenza. Les gardiens ont d'abord été soupçonnés, mais les charges contre eux ont finalement été abandonnées, faute de preuves. Ce n’est pas tout, un an avant ce vol, en 1996, une étudiante en art de 18 ans, Claudia Maga, avait découvert que l'œuvre avait été peinte sur un autre portrait de femme,  considéré comme perdu depuis 1912. 

Spectacles de fin d'année au Théâtre des Muses  17/12/2019

Les enfants ne sont pas oubliés, particulièrement en cette période. Avec "La fée Sidonie et les secrets de Noël" de Marine André, en compagnie de Natalia Pujszo, Loïc Fieffe et Marine André.
La Fée Sidonie rend visite à son ami Pipolin dans L’atelier du Père Noël qui aurait bien besoin d’aide car il est le responsable des lutins. Et ces derniers sont très en retard dans la préparation des cadeaux. On imagine l'atmosphère survoltée qui règne dans l'atelier! Sidonie sait bien qu’elle n’a pas le droit de demander un cadeau car elle est née fée et seuls les humains peuvent en demander à Noël…

Pour "Sortir à Paris" c'est "Un spectacle intelligent, qui nous apprend en rires et en douceur à renouer avec les traditions, les coutumes de Noël, pour les enfants comme pour les parents!"
Pour Anthéa directrice du théâtre des Muses, c’est le spectacle à ne pas manquer. C’est une magnifique et véritable mini comédie musicale, pleine de bons sentiments et pourvoyeuse de rêves. Les enfants sont émerveillés, participent de tout leur coeur et chantent avec la fée Sidonie. Ce personnage magique meublera pendant longtemps leurs souvenirs .

Spectacle de 50 minutes à partir de 3 ans.

Samedi 21 décembre à 14h30 et 16h30. Eventuel spectacle supplémentaire le dimanche 22 décembre à 11h.

Quant aux adultes, ils pourront terminer l’année en compagnie de Sacha Guitry et ils ne le regretteront pas! Avec sa pièce "Aux deux colombes" créée au Théâtre parisien des Variétés le 8 octobre 1948. L’auteur y était entouré de ses actrices favorites dont l’inoubliable Pauline Carton et Lana Marconi qui deviendra quelques mois plus tard sa cinquième et dernière épouse… Le 27 juillet 1949 sortait le film éponyme réalisé par Sacha Guitry avec les acteurs de la pièce de théâtre. La trame habituelle des vaudevilles. Un mari, deux épouses qui sont soeurs, une maîtresse russe... Les deux épouses s’en vont et le mari s’écrie "Enfin, elles sont parties, c’était mon rêve depuis des semaines. Je vais donc enfin vivre seul et déjà, je me demande avec qui?"
Mise en scène de Thomas Le Douarec avec Marie Delaroche, Caroline Devismes, Marie Le Cam, Marie-Hélène Lentini et Thomas Le Douarec.

Pour La Provence "Un spectacle de bonne facture, souriant et léger, charmant et charmeur comme seul Guitry savait l’être"
Vaucluse n’est pas en reste "Pour une fois chez le misogyne Guitry, l’homme n’a pas tout à fait la part belle aux cotés de ces femmes à la forte personnalité qui n’hésitent pas à jouer de ses faiblesses de séducteur". 

Samedi 28 décembre à 20h30, dimanche 29 à 14h30 et 17h, lundi 30 à 20h30 ainsi que mardi 31 à 19h et 22h.

Théâtre des Muses
45 A, Boulevard du Jardin Exotique
98 000 Monaco
Tél: 00 377 97 98 10 93
reservations@theatredesmuses.com

La machine de Turing  09/12/2019

On en comprendra mieux le mécanisme en assistant les 16 et 17 décembre à 20h30, aux représentations de la pièce de Benoît Solès, mise en scène par Tristan Petitgirard et interprétée par Benoît Solès et Amaury de Crayencour. "La machine de Turing" qui a été créée au Festival off d'Avignon l'été dernier, a reçu de nombreuses récompenses en 2019 dont 4 Molière, de l'auteur, du comédien, de la mise en scène et du théâtre privé. La pièce est inspirée de celle du dramaturge britannique Hugh Whitemore "Breaking the Code" écrite en 1986.

Alan Turing, né à Londres le 23 juin1912 et mort le 7 juin 1954 est ce mathématicien britannique qui a brisé le code secret de l’Enigma utilisée par les armées allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est l’auteur de travaux qui aboutiront à l’informatique. Il a construit une machine qui sera le premier ordinateur. En 1936, il présente une expérience que l’on nommera ensuite “machine de Turing” et des concepts de programme, lesquels prendront tout leur sens avec la diffusion des ordinateurs, dans la seconde moitié du XXe siècle. En 1952, il fut poursuivi en justice pour homosexualité et pour éviter la prison il choisit la castration chimique par prise d’œstrogènes. Le 7 juin 1954, il est retrouvé mort, empoisonné au cyanure. La reine Élisabeth II l’a reconnu comme héros de guerre et l’a gracié à titre posthume en 2013. 

La pièce nous transporte à Manchester durant l’hiver 1952. Le professeur Turing porte plainte après le cambriolage de son domicile. On ne le prend pas d’abord très au sérieux. Mais les Services Secrets s’intéressent à lui car il détient de nombreux secrets... Il sera broyé par le conformisme de l’époque…

À noter dans vos agendas, une deuxième représentation du spectacle "Le Lien", le vendredi 14 février 2020 à 20h30. Réservation en ligne sur tpgmonaco.mc (avec paiement sécurisé via montecarloticket.com ou directement auprès de la billetterie du TPG. C’est une pièce de de François Bégaudeau, mise en scène par Panchika Velez avec Catherine Hiegel sociétaire honoraire de la Comédie-française et Pierre Palmade.

Rappelons que le spectacle jeune public "Pourquoi Blanche-Neige ne se réveille pas?" (et autres contes recyclables), aura lieu le mercredi 11 décembre à 15h et non le 18, comme cela était initialement prévu. Il sera suivi d’un goûter de Noël dans le foyer du TPG (spectacle à partir de 5 ans d'une durée d'une heure).
Texte écriture plateau. Mise en scène Émilie Letoffe et Amandine Rousseau. Dramaturgie Fanny Roche. Avec Caroline Borderieux, Pauline Prevost et Quentin Morillère.
La Compagnie Le vent se lève, il faut vivre et le Théâtre de la Contrescarpe.

Actuellement, sur présentation des billets de théâtre, on peut obtenir une réduction au Café de Paris.

Théâtre Princesse Grace
12, Avenue D'Ostende
Monaco
Tél. +377 93 25 32 27 ou 50 03 45

Un tableau de Gauguin adjugé 9,5 millions d’euros  07/12/2019

Avec la vente de Te Bourao II, c’est la première fois depuis plus de vingt ans qu’une œuvre de la période tahitienne de l’artiste était présente sur le marché français. Cette toile de Paul Gauguin a été adjugée 9,5 millions d’euros, frais inclus, mardi 3 décembre à Paris chez Artcurial, soit "près de deux fois son estimation".
Cette huile sur toile datée de 1897 fait partie d’un ensemble de neuf tableaux réalisés à Tahiti où il résidait depuis 1891. Gauguin les avait envoyés à Paris pour une exposition à la Galerie Ambroise Vollard où ils n’obtiennent qu’un succès limité. Le célèbre galeriste avait conservé Te Bourao II, et, à sa mort à Versailles le 22 juillet 1939,  le tableau était revenu à ses héritiers qui l’avaient vendu en 1995 à un acheteur qui l’a revendu le mardi 3 décembre. L’acquéreur est un "collectionneur international" qui a fait savoir que le tableau resterait en France. C’est le dernier tableau de cet ensemble à être encore chez un propriétaire privé. De 2007 à 2017, il avait été exposé au Metropolitan Museum de New York. Pour Bruno Jaubert, directeur associé chargé du département d’art moderne à Artcurial, "le fugace séjour terrestre de l’homme se dévoile sous le pinceau du créateur: du paradis perdu de l’enfance au ténébreux mystère de l’au-delà".
C'est un événement que cette vente chez Artcurial car il est rare de trouver un Gauguin de cette période dans un très bon état. Les autres tableaux de cet ensemble sont exposés dans des musées du monde entier, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Barber Institute à Birmingham ou encore le Musée d’Orsay à Paris.
Cette vente a eu lieu au moment où le peintre est la cible de certains critiques en raison des relations qu’il aurait entretenues avec des Tahitiennes mineures. Actuellement et jusqu'au 26 janvier, la National Gallery, à Londres, rassemble dans l’aile Sainsbury, 55 portraits, dessins, estampes et sculptures de sa famille, ses proches et amis. On les juge d’une audace effrayante. Au début de l’exposition un texte prévient "À plusieurs reprises Gauguin a entretenu des relations sexuelles avec des jeunes filles. Il a profité de son statut privilégié d’Occidental pour jouir de la liberté sexuelle qui s’offrait à lui". On lit encore que le peintre "a eu des relations sexuelles répétées avec des jeunes filles, épousant deux d'entre elles et engendrant des enfants". Quant au New York Times, dans un article au titre provocateur "Is It Time Gauguin Got Canceled ?", il propose tout simplement le lundi 18 novembre d'annuler cette rétrospective. Et l’auteur de l’article Farah Nayeri d’asséner "A une époque de sensibilité publique accrue aux questions de genre, de race et de colonialisme, les musées ont à réévaluer son héritage".
Ashley Remer, curatrice américaine et fondatrice du musée en ligne girlmuseum.org, interrogée par le New York Times, n’hésite pas à déclarer "Pour être franche, c'était un pédophile arrogant, surestimé et condescendant"...

L’Académie Goncourt n’a plus de président  06/12/2019

Bernard Pivot a déclaré dans un bref communiqué vouloir "retrouver un libre et plein usage de son temps". Ceci quelques semaines après qu’eut été récompensé le romancier Jean-Paul Dubois pour "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon". Il démissionne donc de l’Académie Goncourt dont il avait été le premier membre qui n’était pas écrivain quand il l’avait rejointe en 2004, il en avait été désigné président en janvier 2014. Il succédait ainsi à Edmonde Charles-Roux. Il a donné à cette illustre assemblée une nouvelle impulsion et a édicté avec les neuf autres membres de nouvelles règles apportant davantage de transparence. Il réussit ainsi ce qu'Edmonde Charles-Roux, Françoise Chandernagor ou Paule Constant avaient tant souhaité. Sous sa présidence de jeunes romanciers ont été récompensés comme Leila Slimani ou Nicolas Mathieu. Grâce à ce président sont établies des règles plus rigoureuses, la fin du vote à distance et la sanction pour les membres qui seront trop souvent absents, un juré ne participant pas aux votes deux années de suite est considéré comme démissionnaire. Sont aussi déclarées incompatibles la fonction de juré et celle qui serait rétribuée dans une maison d'édition. Les jurés nouvellement élus ne pourront plus voter à partir de l'âge de 80 ans, mesure ne concernant que les membres nommés après 2008. Il avait également fait beaucoup pour la défense de la langue française. Grâce à lui, il existe aujourd’hui vingt Goncourt décernés à l’étranger.

Bernard Pivot est devenu "membre d'honneur" de l'Académie Goncourt. Parmi les cadeaux d’adieu qui lui ont été remis, deux bouteilles d’un grand cru de Saint-Émilion, ainsi qu'une lettre d’Edmond de Goncourt exposant sa définition du naturalisme. L’Académie Goncourt a mis en ligne une photo des académiciens fêtant le départ de leur président, naturellement au restaurant Drouant.

Bernard Pivot n’était eut-être pas écrivain mais il avait créé l’émission "Apostrophes" qui avait connu un très vif succès sur Antenne 2 tous les vendredis soir à 21 h 30 entre le 10 janvier 1975 et le 22 juin 1990. Il avait fait aimer la littérature et fait vendre de nombreux ouvrages, par milliers après chaque émission. On retient sa célèbre réflexion "Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c'est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d'imbéciles et qu'il n'y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs".

La nouvelle de cette démission a causé une grande surprise dans le monde des Lettres vu la personnalité de Bernard Pivot et le rôle qu’il a joué au sein de l’Académie Goncourt.

Du nouveau à l’Opéra de Monte-Carlo  06/12/2019

Mardi 3 décembre, un communiqué de presse annonçait que l’Opéra de Monte-Carlo que l’on appelle aussi salle Garnier, serait dirigé par Cecilia Bartoli à partir du 1er janvier 2023. La princesse Caroline de Monaco, présidente du conseil d’administration de l’institution, s’en est félicitée "Cecilia Bartoli devient la première femme à diriger l’Opéra de Monte-Carlo". La célèbre mezzo-soprano italienne remplacera Jean-Louis Grinda, en fonction depuis juillet 2007. En début d’année, ce dernier qui est aussi metteur en scène, est également directeur artistique des Chorégies d’Orange, avait exprimé son désir de voir lui succéder "quelqu’un ayant des idées nouvelles pour l’opéra", comme le rappelle la princesse Caroline. Laquelle poursuit "Validée par Son Altesse Sérénissime le Prince Souverain, une proposition a été alors transmise officiellement à Cecilia Bartoli qui l’a acceptée".
Celle-ci a déclaré "Prendre la direction de l’Opéra de Monte-Carlo constitue une nouvelle étape dans ma carrière, mais aussi la réalisation d’un rêve". La Principauté ne sera pas une découverte pour elle, car en plus de ses activités au festival de Pentecôte de Salzbourg, qu’elle dirige depuis sept ans, elle a fondé en 2016 l’ensemble monégasque des "Musiciens du Prince" qui ont déjà donné plus de 70 concerts ou représentations en Europe et réalisé de nombreux enregistrements.

Cecilia Bartoli précise "Tout au début de ma carrière, en 1989, j’ai donné Le Barbier de Séville à Monte-Carlo. Depuis, je me sens attachée à Monaco. La Salle Garnier est probablement l’une des salles les plus belles du monde. Ses dimensions et son acoustique sont parfaites. C’est un vrai bijou". Dès 2023 elle pourra l’apprécier encore plus et jusque là aura tout le loisir de préparer sa première saison que l’on attend avec impatience.
L'Opéra de Monte-Carlo est l'oeuvre de l'architecte Charles Garnier, comme celui de l'Opéra de Paris appelé également Palais Garnier. Il fut inauguré le 25 janvier 1879 en présence de Sarah Bernhardt.

Ivo Pogorelich à Monaco  06/12/2019

Le pianiste Ivo Pogorelich donnera un récital dimanche 8 décembre à 18h à l'Auditorium Rainier III de Monaco. Dans la Série Grande Saison et organisé par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, le grand artiste croate y interprétera des oeuvres de ses compositeurs favoris.

Au programme:
Suite anglaise n°3, BVW 808 de Bach
Sonate pour piano n°11, opus 22 Beethoven
Barcarolle, opus 60, Prélude en do dièse mineur, opus 45 de Chopin
Gaspard de la nuit de Maurice Ravel

Informations & Réservations :
www.opmc.mc
info@opmc.mc
+377 98 06 28 28
Boulevard Louis II
98000 Monaco

Callas en librairie et sur scène  06/12/2019

Elle disait "Un jour, j’écrirai mon autobiographie, je voudrais l’écrire moi-même afin de mettre les choses au clair. Il y a eu tellement de mensonges dits sur moi…". Elle n’a pas réalisé ce projet mais Monica Bellucci en scène pour la première fois de sa carrière, est au Studio Marigny jusqu'au 18 décembre pour une lecture des Lettres et Mémoires de Maria Callas. Tom Volf qui la dirige est l’auteur de "Maria Callas - Lettres et Mémoires" qui vient de paraître chez Albin Michel. Réalisateur du film Maria by Callas en 2017, commissaire de l’exposition éponyme, et auteur d'un volume iconographique, également à l’origine du Fonds de dotation Maria Callas dédié à la préservation des archives personnelles de la diva, il passe pour être aujourd’hui un des plus grands connaisseurs de la cantatrice.

Rien ne l’y prédisposait cependant semble-t-il. Il ne connaissait absolument rien à l’opéra. "Je savais à peine que ça existait. C’était une autre planète" confie-t-il. Jusqu’à ce soir de janvier 2013 où il achète un billet pour une représentation de "Marie Stuart" de Gaetano Donizetti au Metropolitan Opera, "Ç’a été le premier coup de foudre. Le deuxième est survenu quand je suis rentré chez moi et que j’ai découvert Maria Callas. La première chose qui est apparue quand j’ai tapé ‘‘bel canto’’ dans Google, c’est elle". Le jeune étudiant en médecine qu’il était alors est absolument subjugué et se lance dans une recherche effrénée pour mieux connaître la femme qui se trouvait derrière la diva assoluta.

Après quatre ans d’une quête qui le mène dans plusieurs pays, auprès de parents et d’amis de la cantatrice, il réalise le documentaire "Maria by Callas", portrait intime de deux heures à partir d’images d’archives inédites, de films super 8, de captations de spectacles et aussi de lettres intimes. Puis il conçoit cet ouvrage qui lui demande cinq ans de recherches dans le monde entier et dont Monica Bellucci nous livre la teneur sur la scène Studio Marigny.

Avec pour unique décor un grand canapé couleur ocre, Monica Bellucci arrive en fourreau noir, un tulle diaphane sur les épaules, ses cheveux noirs tirés en arrière… à s’y méprendre. . L’actrice assise sur l’accoudoir évoque sur le ton de la confidence les origines, la naissance à New York, le 2 décembre 1923, chez un couple de récents immigrés grecs, le père George Kaloyeropoulos est pharmacien, les années de guerre à Athènes. Le mari impresario, Giovanni Battista Meneghini, l'amour destructeur pour Onassis, l'amitié avec Pasolini, la solitude parisienne des dernières années jusqu’à la mort à l’âge de 53 ans le 16 septembre 1977. Des extraits d'interprétations emblématiques de la diva, La Gioconda, Norma, La Traviata, Tosca entre autres, émaillent ce spectacle.

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