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Un cri qui interpelle  29/05/2020

Tout le monde connaît l’oeuvre cé!èbre d’Edward Munch conservée au Musée d’Oslo dédié au peintre. Et ce n’est un secret pour personne maintenant, "Le Cri" est en train de s ‘altérer, la couleur en particulier se détériore, le jaune du coucher de soleil et d’une partie du personnage. Afin de sauver le chef-d'œuvre de l’artiste norvégien, une équipe de scientifiques européens, américains et brésiliens se sont intéressés à cette question. Ils ont concentré leurs efforts sur l'une des cinq versions du "Cri". Trois peintures, un pastel et une lithographie réalisées entre 1893 et 1917. Ce qu’ils ont découvert est surprenant. Si la couleur jaune perd toujours plus de son intensité, c’est la faute de l'artiste lui-même. Munch aurait utilisé un tube de jaune de cadmium de mauvaise qualité. Le professeur Koen Janssens de l'université d'Anvers révèle "La peinture jaune était riche en composés chlorés et cela précisément aux endroits où la peinture est endommagée. Je ne pense pas que c'était une utilisation intentionnelle. Nous sommes en 1910 et à ce moment-là, l'industrie produisant les pigments chimiques n'était pas aussi performante qu'aujourd'hui".

Une autre découverte a encore surpris le groupe d'experts qui avait d’abord soupçonné la lumière de détériorer l'œuvre. Et Koen Janssens de préciser "Il s'est avéré que la lumière n'est pas vraiment très nocive pour le tableau". La couleur s'estompe et s'écaille plus rapidement avec l’humidité, même en faible quantité, comme celle contenue dans l'air expiré par les visiteurs par exemple.
La solution est donc à rechercher du côté de l'humidité qu'il faut à tout prix réduire pour la préservation de l'œuvre. Le musée Munch d'Oslo doit déménager dans les prochains mois pour un endroit qui lui assurera de meilleures conditions de conservation. Le tableau sera alors installé dans un espace éclairé normalement mais avec un niveau d'humidité de 45%, ce qui devrait ralentir la détérioration de l'œuvre.

Koen Janssens préconise qu’"Il faudra éloigner le public de la peinture, de façon à ce qu'il puisse la contempler sans rejeter de l'air directement sur sa surface". Ce qui à une époque où l’on pratique la distanciation sociale et les gestes barrières ne devrait pas être difficile à pratiquer…

Il y a encore une vie après 50 ans  22/05/2020

Même chez les pachydermes. C’est ainsi que Mara, entre 50 et 54 ans, a été transférée d’Argentine vers un sanctuaire pour éléphants situé au Brésil. Elle y est arrivée au terme d’un voyage de cinq jours, plus de 2.000 km et qui pis est en pleine pandémie. Aussi un protocole spécifique avait-il été élaboré pour protéger l’animal et les équipes techniques assurant son transport prévu depuis janvier dernier. Lors d’une opération de près de trois heures à l’Ecoparc, situé dans le quartier résidentiel de Palermo à Buenos Aires, Mara avait été installée dans une immense caisse en bois construite spécialement. L’éléphante pèse 5,5 tonnes, pour une longueur de 5 mètres, une largeur de 2 mètres et une hauteur de 3 mètres. La caisse a été montée sur un camion à l’aide d’une grue. Une autre grue l’a déchargée au Brésil, Il a fallu également prévoir la nourriture, l’éléphante mange chaque jour plus de 100 kilos de légumes, fourrage et canne à sucre.
La quinquagénaire qui est née en Inde, est donc installée dans son sanctuaire au Brésil, elle va y terminer sa vie au milieu espaces verts. Un représentant du sanctuaire a indiqué sur Facebook "Mara est arrivée chez elle! Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés à assurer ce transport international en pleine pandémie de coronavirus". Ce sanctuaire pour éléphants est situé à Chapada dos Guimarães, dans l’État de Mato Grosso au centre-ouest du Brésil, près d’un parc national.
C'est un espace de 1.200 hectares avec des prés, des sources et de nombreux arbres. Mara qui a passé la première partie de son existence dans un cirque, puis à partir de 1995 au jardin zoologique de Buenos Aires qui a été transformé depuis en Ecoparc ou plus exactement en Centre de conservation, de recherche et d’éducation pour la préservation de la biodiversité et des habitats naturels. Dans le sanctuaire de Chapada do Guimaraes, Mara sera en compagnie de trois autres éléphantes asiatiques, Maia, Lady et Rana.

Découverte au Mur des Lamentations  22/05/2020

Des archéologues israéliens ont dévoilé mardi 19 mai à quelques dizaines de mètres du Mur des Lamentations l’existence de mystérieuses pièces souterraines. Elles sont taillées dans la roche et datées de l'époque romaine. Il s’agit de trois pièces successives qui ont été découvertes lors de l'excavation d'une large structure vieille de 1.400 ans, ornée d'arches et tapissée de mosaïque.
Selon Barak Monnickendam-Givon, co-directeur chargé des fouilles à l'Autorité israélienne des Antiquités. "Au début, nous étions très déçus parce qu'en dessous de la mosaïque au sol, nous sommes tombés sur le substrat rocheux et pensions que l'activité humaine s'était arrêtée là". Et il ajoute "nous avons découvert trois pièces, toutes trois taillées dans la roche". Il précise aussi qu’elles sont réunies par des escaliers, Il indique également que ce genre de structures étaient rares dans les villes juives de l'époque, elles sont agrémentées de nombreuses sculptures somptueuses, dont certaines étaient certainement utilisées pour poser des lampes à huile.
Tehila Saldiel, co-directrice des fouilles a trouvé des artefacts ainsi que des récipients, des lampes à huile ou bien encore des bocaux. Ces salles pourraient être le garde-manger d'un bâtiment aujourd'hui disparu ou un espace de stockage et de préparation des repas pour les prêtres de la Ville sainte ou les pèlerins visitant le Temple. Barak Monnickendam-Givon précise "Nous découvrons ici des récipients utilisés pour cuisiner des repas, des lampes à huile, des bocaux utilisés pour conserver le blé, l'orge ou l'huile d'olive".
Ces trois pièces ne semblent pas avoir de "lien direct" avec le second Temple juif, détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ et dont le Mur des Lamentations est le seul vestige d'un mur de soutènement. Au-dessus du Mur, s'étend le Mont du Temple, site le plus sacré du judaïsme. Il est appelé Noble sanctuaire par les musulmans,
Les fouilles font partie d'un projet de création d'un espace d'exposition souterrain présentant des objets de différentes époques trouvés dans ce secteur. Barak Monnickendam-Givon précise "Nous allons fouiller tout ce qui se trouve en dessous de l'esplanade du Mur des Lamentations. L’idée est d'avoir une séparation entre les activités cultuelles, là où les gens prient, et (sous-terre), les touristes pourront déambuler entre des trouvailles archéologiques".
 

Une enquête d’un genre particulier  22/05/2020

Un groupe d’historiens amateurs la mène depuis 14 ans. Ils se sont livrés effectivement à une véritable enquête policière pour identifier 5 des 15 résistants qui avaient été fusillés dans le bois de la Reulle près de Toulouse le 27 juin 1944. Les quinze cadavres avaient été exhumés après la Libération de Toulouse  en présence de la population, dix corps ont été immédiatement reconnus par les familles ou les proches. Cinq n’ont pu être identifiés. En 1990, la municipalité de Castelmaurou, voisine de Toulouse, les réunit dans un caveau dédié dans le cimetière communal.
Depuis 2006 donc, ce groupe d’historiens amateurs tente d’identifier ces cinq fusillés du bois de la Reulle.
Le 27 juin 1944, des SS de la division Das Reich extraient 16 résistants de la prison Saint-Michel à Toulouse, inscrite monument historique par arrêté du 25 février 2011. Elle a hébergé entre autres en juillet 1940 Herschel Grynszpan, assassin du diplomate Ernst vom Rath le 7 novembre 1938 à Paris. Ainsi que le Colonel Berger, autrement dit André Malraux, alors chef des maquis du Lot, qui y séjourna en été 1944.

Les 16 résistants sont conduits au bois de la Reulle à Castelmaurou, à 12 km au nord-est de Toulouse. L’un d’entre eux parvient à s’enfuir. Sur place, les autres creusent chacun une tombe. En 2006, Georges Muratet, habitant de Castelmaurou et passionné d’histoire, décide de savoir qui étaient les cinq fusillés du bois de Reulle non identifiés. Au fil des jours, un groupe se forme, une vingtaine d’amateurs d’histoire venus d’Occitanie, de Belgique, d’Allemagne et même des Etats-Unis. 
Ils ont été aidés par le Tribunal de grande instance de Toulouse et l’Institut médico-légal de Strasbourg et obtiennent les autorisations nécessaires pour prélever des échantillons d’ADN sur les corps enterrés au cimetière de Castelmaurou. Après de nombreuses recherches de tous ordres, tout fonctionne et ils parviennent à contacter de possibles familles. En 2017, le "Groupe de recherche Castelmaurou-Gragnague" prévient qu’il a identifié 4 fusillés sur les 5. Au même moment il fait paraître un livre "La Mémoire en bandoulière". Dans cet ouvrage sont évoquées l’histoire des fusillés et les recherches pour les identifier. Georges Muratet et son groupe ne vont pas s’arrêter là, il leur faut absolument identifier le dernier fusillé. Ils ont aussi décidé de réactualiser leur livre devenu "Les fusillés du bois de la Reulle". Ils n'ont qu'un objectif: entretenir la mémoire avec l’aide des lecteurs. 
Du dernier des fusillés non encore identifié ils ne disposent que de quelques faibles indices découverts sur lui, mais le groupe de Georges Muratet n'abandonne pas l’espoir de savoir qui il était.

Des peintures murales de Picasso en danger à Oslo  21/05/2020

En 1969, Picasso et l'artiste norvégien Carl Nesjar réalisèrent cinq peintures sur les murs intérieurs et extérieurs des Y-Block et H-Block, deux édifices de Regjeringskvartalet, le quartier administratif, oeuvre de l'architecte norvégien Erling Viksjø. Carl Nesjar les a gravées dans le béton au jet de sable. En juin 2011, ces bâtiments avec les peintures murales allaient être retenus comme monuments historiques. Mais un mois plus tard, avait lieu l’attentat d Anders Breivik qui les endommagea. Le gouvernement ordonna leur démolition en 2014. Les deux peintures murales du Y-Block étaient censées être sauvegardées, on verrait plus tard pour les trois peintures du H-Block qui étaient fort abîmées. De nombreuses voix se sont élevées contre cette démolition.et plaident pour la préservation de l'ensemble du complexe. «Les peintures murales ont été créées in situ et doivent être comprises comme un tout: les bâtiments, l’art et l'espace extérieur sont un ensemble indissociable», déclare Gunhild Varvin, responsable de la communication du musée d’art moderne et contemporain Henie Onstad Kunstsenter, à Bærum, dans la banlieue d’Oslo. Lequel accueille d’ailleurs actuellement une exposition d'estampes de Picasso. Et Gunhild Varvin de poursuivre «Enlever les œuvres pour les intégrer à une nouvelle unité architecturale dévaluera sans aucun doute ce travail artistique».
Cette controverse a arrêté temporairement la réalisation du projet mais en février dernier, le gouvernement a annoncé qu'il allait malgré tout entreprendre la démolition parallèlement à la sauvegarde du H-Block. Mais des personnes du monde artistique et d'autres du public, continuent à demander la préservation des peintures murales dans leur contexte d'origine. Une enseignante d’art n’hésite pas à dire «Le fait que l'État norvégien termine ce que le terroriste a commencé constitue une ironie particulièrement cruelle».
Les deux fresques du Y-block «Les Pêcheurs» et «La Mouette» vont être découpées et intégrées dans de nouveaux bâtiments gouvernementaux qui se dresseront bientôt dans ce quartier du centre d'Oslo. Le démontage des "Pêcheurs" à l'extérieur, a commencé il y a deux semaines et Gro Nesjar Greve, la fille de Carl Nesjar s'inquiète «Les ouvriers du site ont commencé à forer, mais c'est inquiétant car lorsqu'ils déplaceront la peinture murale, elle se fissurera».
Dans une lettre envoyée à la Première ministre norvégienne Erna Solberg et au ministre de l'Environnement, Sveinung Rotevatn, des représentants du MoMA ont demandé de «reconsidérer l'autorisation du permis de démolir». Récemment, une pétition réclamant la préservation du Y-block d'Oslo a recueilli plus de 48.000 signatures. Et des manifestations ont lieu périodiquement dans les rues d'Oslo,pour demander la conservation de ce bâtiment.

Nouveau ministre d’Etat à Monaco  20/05/2020

S.A.S. Albert II vient de désigner Pierre Dartout actuel préfet de la région PACA et des Bouches-du-Rhône, pour succéder à Serge Telle en tant que ministre d’Etat. Il prendra ses fonctions le 1er novembre prochain, l’Elysée ayant souhaité qu’il reste à son poste pendant la période du déconfinement; Depuis un moment, le Rocher bruissait de rumeurs quant au successeur de Serge Telle qui était en fonction depuis le 1er février 2016 et le restera jusqu’au 31 août prochain. Les prétendants étaient nombreux dont l’actuel représentant de la France auprès de l'OCDE, Jean-Pierre Jouyet.
Le ministre d’Etat est choisi par le Prince sur une liste présentée par la France et il le représente. Et Il est la première autorité après celle du Prince. Il est l'équivalent du Premier ministre et préside le Conseil de Gouvernement. Lequel comprend cinq conseillers, chacun à la tête d’un département, Intérieur, Économie, Affaires sociales et Santé, Équipement, Environnement et Urbanisme, Relations extérieures et de la Coopération.
Le poste de ministre d'État fut créé par la première Constitution de Monaco du 5 janvier 1911, il était obligatoirement français; Depuis le traité d'amitié et de coopération du 24 octobre 2002 entré en vigueur le 1er décembre 2005, le ministre d’État peut être aussi bien français que monégasque, choisi par le Prince en accord avec le gouvernement français.
Pierre Dartout est né 9 avril 1954 à Limoges, il est diplômé de l'IEP de Paris et ancien élève de l'ENA, dans la célèbre promotion Voltaire. Il a occupé de nombreux postes de préfet dans plusieurs régions, puis il a été directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et délégué interministériel à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires. Il est préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis le 17 décembre 2017.

 

Centenaire d’un festival  18/05/2020

Le Festival de Salzbourg 2020 est maintenu, il se tiendra du 18 juillet au 30 août prochains. Il célèbre cette année son centenaire, il faut donc s’attendre à d’exceptionnelles festivités. 222 représentations durant 44 jours dans 15 endroits différents. On y verra Don Giovanni et La flûte enchantée de Mozart, Elektra de Richard Strauss et Boris Godunow de Mussorgski ainsi que deux reprises,Tosca de Puccini et Don Pasquale de Donizetti. 91 concerts sont aussi prévus, évidemment l’accent sera principalement mis sur Ludwig van Beethoven dont on célèbre cette année le 250e anniversaire de la naissance, le 16 décembre 1770 à Bonn. Evidemment, on retrouvera Jedermann la pièce de théâtre de Hugo von Hofmannsthal qui avait été donnée le 22 août 1920 lors de la première du Festival de Salzbourg. Ce qui donnera lieu à une journée spéciale avec lecture publique et représentation.

Le Festival de Salzbourg a été créé en 1920 par le metteur en scène Max Reinhardt, l’écrivain Hugo von Hofmannsthal et le compositeur Richard Strauss dans cette ville autrichienne des bords de la Salzbach. Après la Première Guerre, dans l’Autriche amoindrie et appauvrie on souhaitait maintenir un emploi d’été pour les musiciens et cette ville chargée d’histoire où abondaient églises, palais et musées convenait parfaitement. Le Mozarteum, prestigieux établissement où viennent terminer leur formation les meilleurs musiciens du monde offrait un lieu pour l’organisation de concerts. En outre, Salzbourg a vu naître Wolfgang Amadeus Mozart et Herbert von Karajan entre autres, Stefan Zweig y a vécu plusieurs années. Le festival se déroule chaque été et tous les événements ont lieu dans le "quartier du Festival" où se trouvent le Grand Palais des festivals, la Maison de Mozart et le Manège des rochers. C’est l'un des festivals les plus célèbres et des plus coûteux sans doute d’ailleurs du monde, pour ce qui est des concerts de et des opéras. Il attire chaque été des dizaines de milliers de spectateurs. "Toute la ville devient scène" souhaitaient ses créateurs.

Le premier festival a débuté le 22 août 1920 par une représentation du Jedermann d'Hofmannsthal sur la place de la Cathédrale. Depuis, le festival commence traditionnellement par une représentation de cette pièce sur cette même place. On y donne les premiers concerts en 1921 et les premiers opéras, Mozart surtout, en 1922. Mozart y est omniprésent. S’y produisent les grands chefs d’orchestre et les chanteurs les plus renommés. Les années de l’immédiat avant-guerre sont assez difficiles, ce n’est guère mieux dans les années qui suivent, même après la guerre et il a fallu attendre le début des années 1950 pour que le festival retrouve son lustre. Exactement en 1954 quand commencera l’ère Karajan, il sera chef d’orchestre mais aussi metteur en scène. D’autres directeurs se succéderont, ils moderniseront les programmes, introduiront des oeuvres contemporaines, des créations, souhaiteront attirer un nouveau public, rajeuni ou moins conservateur, s’attirant parfois l’hostilité de ce même public. Malgré cela le festival conserve son prestige dans le monde et les billets s’arrachent quelqu’en soit le prix.

En 2006, pour le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, le festival a mené l'opération "Mozart 22", avec la représentation des vingt-deux opéras du génial compositeur natif de Salzbourg.
En 1967, Karajan a créé le Festival de Pâques et en 1973 les Concerts de Pentecôte qui deviendront le Festival de Pentecôte en 1998.

Gabriel Bacquier nous a quittés  15/05/2020

Le baryton-base était l’un des plus appréciés. il s’était produit sur les scènes lyriques les plus prestigieuses, Royal Opera House de Londres, Opéra de Vienne ou Metropolitan Opera de New York entre autres. Il avait eu pour partenaires des cantatrices mythiques, Maria Callas, Renata Tebaldi, Birgit Nilsson ou Régine Crespin. Il fut un grand interprète de Mozart et Verdi notamment, il avait à son répertoire l’opéra mais aussi l’opérette ou la mélodie, il créa des oeuvres contemporaines. Il aurait eu 96 ans dimanche 17 mai. Il est mort mercredi 13 mai chez lui à Lestre dans la Manche où il résidait avec son épouse la mezzo-soprano Sylvie Oussenko qui lui a consacré un essai biographique "Gabriel Bacquier, le génie de l'Interprétation" et avec qui il avait consacré un ouvrage à Verdi.
Le Théâtre du Capitole de Toulouse où il a beaucoup chanté entre 1960 et 1990 a regretté "la disparition d'un immense baryton" et Christophe Ghristi, directeur artistique de l’établissement a déclaré  «C’était un personnage haut en couleur. Une personnalité du sud qui avait une présence animale sur scène. Il était l'un des rares chanteurs français de cette époque à avoir eu une telle carrière internationale". 
Gabriel Bacquier était né à Béziers le 17 mai 1924 il prend goût très jeune pour le chant lyrique et l’opéra mais passionné de dessin, c’est vers l’école des Beaux-arts de Montpellier qu’il se tourne d’abord. Pendant la guerre, il rentre à la SNCF pour échapper au Service du travail obligatoire et durant ses heures de liberté prend des cours de chant à Béziers où il fera ses débuts dans le rôle d’Ourrias de Mireille de Gounod. En 1945, il intègre le Conservatoire de Paris, d’où il sort cinq ans plus tard avec un premier prix. On le retrouve à l'Opéra de Nice puis en 1953 dans la troupe de La Monnaie à Bruxelles et en 1956 dans celle de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux, l’Opéra-Comique et l’Opéra de Paris.
Sa carrière internationale débute vraiment en 1960 quand Gabriel Dussurget, directeur du festival d’Aix-en-Provence dont il a été le fondateur quelques années plus tôt, lui confie le rôle de Scarpia dans Tosca puis et surtout celui de Don Giovanni en 1960. A partir de ce moment il est sur les plus grandes scènes avec les plus grands compositeurs français et italiens, il regrettera cependant de ne pas avoir abordé le répertoire germanique. Il laisse d’innombrables enregistrements.
Gabriel Bacquier aimait rappeler ce que Francis Poulenc lui avait déclaré “Il m’a dit: je vous ai entendu, ça n’était pas bien, mais tout simplement admirable”.

Décès d’une Résistante de premier plan  09/05/2020

Vendredi 8 mai, jour où l'on célébrait le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Cécile Rol-Tanguy s’éteignait  à la mi-journée, chez elle à Monteaux, localité du Loir-et-Cher, à une quarantaine de km au sud de Blois. Sa famille déclare "Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944". Elle avait 101 ans et était la veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, autre grand nom de la Résistance disparu le 8 septembre 2002 à Paris à l’âge de 94 ans.
Cécile Rol Tanguy était née le 10 avril 1919 à Royan en Charente-Maritime, fille unique de François Le Bihan, ouvrier électricien, militant communiste de la première heure et résistant qui mourra en déportation à Auschwitz le 19 septembre 1942. Sa mère, femme au foyer, sera également résistante. Pourvue du brevet élémentaire, elle travaille comme sténo-dactylo au Syndicat des métaux CGT de Paris. C’est là qu’elle rencontrera Henri Rol, ouvrier métallurgiste devenu secrétaire de cette organisation syndicale.
Lui, durant la guerre d’Espagne, avait combattu dans les Brigades internationales, elle était sa marraine de guerre. Commissaire politique de la XIVe brigade, il avait été blessé au cours de la bataille de l‘Ebre. Ils se marièrent juste avant la guerre et eurent quatre enfants. Ils entrèrent dans la clandestinité en 1940.
Militante communiste, elle dira plus tard "J’ai pris ma place dans ce qui allait être notre combat à tous les deux". Un des biographes du couple l’a définie comme "un rouage essentiel". Le 18 août 1944, elle tape l'ordre de l'insurrection parisienne dicté par son mari, chef militaire des Forces Françaises de l'Intérieur d'Ile-de-France, ce qui conduira huit jours plus tard à la libération de la capitale. Elle confessera qu’au lendemain de la Libération, elle avait enfin pu "marcher dans la rue sans avoir, comme durant les quatre années précédentes, à se retourner".
Le président de la République Jacques Chirac parlera de ce couple caractéristique de la Résistance comme d’un "couple d'exception", lors des obsèques officielles de Rol-Tanguy aux Invalides, en septembre 2002.
Patrick Barbéris qui consacra à cette femme courageuse un documentaire en 2004 "Cécile Rol-Tanguy, une combattante de la liberté", louera la simplicité et l’humilité de celle qui lui livrait ses souvenirs d’agent de liaison qui avait distribué des tracts et transporté clandestinement des armes.
Elle était Grand Officier de la Légion d'honneur, Grand Croix dans l'Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
Un communiqué lui rend hommage "Jusqu'à son dernier souffle, Cécile Rol-Tanguy témoignera de sa fidélité à l'utopie généreuse du communisme, à ses engagements de jeunesse pour la justice sociale et l'émancipation des femmes".
Elle rejoindra le colonel Rol-Tanguy dans le petit cimetière de Monteaux.
 

Une passionnée de dictionnaires disparaît  06/05/2020

Le 25 avril dernier, Madeline Kripke s’éteignait à New York des complications liées au COVID-19. Elle avait 76 ans. Son nom est assez peu connu, elle était l’une des plus grandes collectionneuses de dictionnaires au monde. Dans son loft de deux pièces sur Perry Street dans le West Village, elle régnait sur quelque 20.000 ouvrages, dictionnaires et livres sur les dictionnaires. Et parmi eux de très nombreux volumes consacrés à l’argot. "Ce sont mes rayons préférés", disait-elle en les éclairant de sa lampe de poche. Née le 3 septembre 1943 à New London dans le Connecticut, elle a grandi à Omaha au Nebraska, auprès d’un père rabbin conservateur et d’une mère auteur de livres pour enfants. Elle était solitaire et se retirait souvent dans sa chambre pour se livrer à la lecture. Ses parents lui avaient offert un Webster’s Collegiate Dictionary qui lui fera dire "Cela m'a ouvert le monde parce que je pouvais lire à n'importe quel niveau de vocabulaire ce que je voulais".
En 1961, elle rejoint New York pour étudier à Barnard College, une branche de l'université Columbia, à Manhattan. Son diplôme obtenu, elle ne s’imaginait pas vivant ailleurs qu'à New York. Elle est d’abord assistante sociale puis enseignante et rédactrice chez un éditeur où pendant des années, elle a relu des manuscrits. Elle travaille aussi dans plusieurs librairies dont la Parnasus Bookshop sur la 89th et Broadway, poursuivant toujours sa quête de livres rares. C’est dans le cadre de ses activités que les dictionnaires apparurent dans sa vie, c’étaient ses instruments de travail, elle est fascinée par ces listes de mots et commence sa collection. Elle fréquentait assidument le Reference Book Centre, disparu depuis longtemps, au septième étage du Flatiron Building, ce curieux édifice en forme de fer à repasser. Quelques livres l’intéressent particulièrement, ceux en relation avec le vocabulaire des bas-fonds. En ce qui concerne ses livres sur l'argot, c'est la collection la plus importante au monde.
Il ne faut cependant pas imaginer que c’est son seul centre d’intérêt, sur les rayons sont disposés par thèmes biographies, étymologie, proverbes et dictionnaires de nombreuses langues.
Avec un luxe de précautions, elle dévoilait pour ses visiteurs son plus ancien livre, un dictionnaire latin imprimé en 1502 dont le titre abrégé est Calepino ou Dictionarium. Dû à un certain Ambrogio Calrepino, la langue française en a fait le calepin.
Elle aurait aimé créer le musée du dictionnaire, elle n’en a pas eu les moyens. Maintenant qu’elle est décédée se pose la question de l’avenir de cette extraordinaire collection.
Interrogé par le New York Times, son frère a déclaré que pour l'instant, rien n'avait été décidé. De nombreuses bibliothèques seraient ravies de pouvoir acquérir quelques-uns de ces trésors.

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